Les acheteurs regardent toujours les annonces, mais ils appellent beaucoup moins. C’est le principal enseignement de l’Observatoire immobilier Bien’ici consacré au troisième trimestre 2026, publié à la mi-octobre. Pour un propriétaire qui met son bien en vente cet automne, le message est clair : il y a davantage de concurrence et moins d’appels. Voici ce que disent les chiffres, et ce qu’ils impliquent concrètement pour une mise en vente avant la fin de l’année.
Les points :
Une demande en net recul, une offre qui grossit #
D’après les données relayées par MySweetImmo, les contacts sur les annonces de vente ont baissé de 22 % sur un an au troisième trimestre. Dans le même temps, le nombre de biens proposés a augmenté de 4 %. Résultat : la tension du marché, qui rapporte le nombre d’acheteurs actifs au nombre de logements disponibles, recule de 25 % en un an.
Concrètement, un vendeur partage aujourd’hui les acheteurs avec davantage de concurrents qu’il y a un an. Bien’ici fonde ces mesures sur plus d’un million d’annonces et plus de 20 millions de visites mensuelles, comme le rappelle MonImmeuble, qui détaille l’étude région par région.
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Le président de la plateforme, David Benbassat, résume la situation ainsi : « Les Français continuent de consulter les annonces, mais hésitent à concrétiser leurs projets. » Selon Régis Sébille, responsable des analyses de Bien’ici, l’envie d’acheter est bien là, mais le passage à l’acte est freiné par des budgets limités.
Des délais de vente qui s’allongent, surtout pour les maisons #
Un bien reste en ligne 82 jours en moyenne avant de disparaître du site. C’est un jour de plus qu’un an plus tôt, mais sept jours de plus qu’au printemps 2026. La différence entre maisons et appartements est nette : 91 jours pour une maison, 71 jours pour un appartement.
Les régions évoluent très différemment. En Île-de-France, la durée de diffusion recule à 59 jours, soit huit de moins. En Corse, elle grimpe à 111 jours, soit 25 de plus. Avant de fixer un calendrier de vente, il vaut donc mieux se renseigner sur les délais de sa propre région.
Ce que cela change pour le vendeur
Avec moins d’acheteurs, chaque visite compte. Un bien mal présenté ou affiché trop cher a moins de chances qu’avant d’être rattrapé par un acheteur pressé. Le premier mois en ligne, quand l’annonce attire le plus de regards, devient décisif. Une annonce qui ne reçoit presque aucun appel pendant ces premières semaines indique en général que son prix est trop élevé pour le secteur.
Des prix affichés qui résistent encore #
Les prix demandés baissent peu malgré la chute de la demande. Selon l’observatoire, le mètre carré des appartements s’affiche en moyenne à 4 771 €, en hausse de 0,7 % sur un an. Celui des maisons recule de 1 %, à 2 761 €. À Paris, les appartements sont proposés à 11 434 € le mètre carré (+0,5 %). En Île-de-France hors Paris, ils atteignent 5 268 € (+2 %).
Ce sont toutefois des prix affichés, pas des prix de vente signés chez le notaire. Quand les acheteurs se raréfient, l’écart entre le prix demandé et le prix obtenu a tendance à se creuser. Les grandes villes de province en donnent déjà un signe : les prix affichés des appartements y reculent de 1,2 %, alors qu’ils montent encore de 0,8 % en périphérie.
Fixer le bon prix dès le départ
Dans ce contexte, viser haut en se disant qu’on « baissera plus tard » fait surtout perdre du temps. Une annonce qui reste longtemps en ligne finit par éveiller la méfiance des acheteurs, qui voient la date de publication et en tirent des conclusions. Il vaut mieux comparer son bien aux ventes récentes du quartier, et non aux annonces en cours, puis fixer un prix réaliste dès le premier jour.
Le neuf et la location suivent la même pente #
Le neuf n’échappe pas au ralentissement. L’offre de programmes augmente de 6 %, la demande recule de 21 % et les prix moyens affichés baissent de 6 %. Pour un vendeur dans l’ancien, cela crée une concurrence supplémentaire : des promoteurs qui baissent leurs prix attirent une partie des primo-accédants.
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En location, les contacts sur les annonces chutent de 23 % alors que l’offre progresse de 2 % et que les loyers affichés montent d’environ 1 %. Un propriétaire qui hésite entre vendre et louer ne trouvera donc pas forcément un marché locatif beaucoup plus actif.
Le diagnostic énergétique pèse toujours #
Les logements classés F ou G représentent 9 % de l’offre à vendre, contre environ 10 à 11 % les trimestres précédents. La proportion monte à 11 % pour les studios et les maisons. Pour ces biens, les acheteurs intègrent le coût des travaux à venir dans leur offre. Joindre au dossier de vente des devis de rénovation chiffrés aide souvent à cadrer la négociation, plutôt que de la subir.
Vendre cet automne : les bons réflexes #
Le dernier trimestre s’ouvre, selon Bien’ici, « sans réelle dynamique ». Ce n’est pas une raison pour renoncer à vendre, mais il faut ajuster sa méthode. D’abord, des photos soignées et une description précise, car les acheteurs trient davantage avant d’appeler. Ensuite, un dossier complet dès la mise en ligne : diagnostics, charges de copropriété, taxe foncière. Enfin, un suivi rapproché des premières semaines, pour corriger le prix vite si les appels ne viennent pas.
La demande n’a pas disparu : elle est devenue plus prudente et plus exigeante. Les biens au juste prix, bien présentés et sans mauvaise surprise sur le diagnostic continuent de se vendre. Les autres risquent de s’ajouter aux 82 jours de diffusion moyens.
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